La grande ville

Lundi 30 mars 2015, je me réveille toute seule à Mumbaï dans une chambre sombre sortie tout droit de motel de passe des années 70 et je prends mon courage à 2 mains pour aller affronter l’Inde comme une grande.

J’ai repéré un endroit où aller manger dans le Rough guide, le seul guide que j’ai trouvé qui donne des suggestions moins « touristes », mais je me perds en y allant et je tombe face-à-face avec le mythique Taj Mahal palace Hotel et la Porte de l’Inde. Y a pire dans la vie!

Blogue voyage Inde. Travel blog india
Le Taj Mahal Palace © Marie-Michelle La Rue

Les rues autour de l’hôtel sont complètement différentes de tout ce que j’ai vu en Inde jusqu’ici. On dirait un quartier résidentiel de Montréal, avec des maison à appartement de 4 ou 5 étages,

Blogue voyage Inde. Travel blog India
Les rues résidentielles de Colaba © Johannes Schneider

Je découvre aussi un musée que je décide de venir visiter le lendemain. Après presqu’une heure de marche, je trouve enfin le Yazdani restaurant & bakery. C’est tout petit et on dirait que rien n’a bougé ici depuis les années 50 : l’énorme ventilateur du plafond avec ses magnifiques pales de bois qui ressemble à une élice d’avion, le plancher en damier, les murs verts « paparmane », une couleur assez commune ici et que j’aime beaucoup, les affiches sur les murs qui datent d’une autre époque. C’est doux, ancien, pas propre propre mais ça a du charme. Il n’y a que 2-3 tables, style table de casse-croûte, qui sont en partie occupées par de vieux monsieurs en dhoti* qui sirotent un chaï en lisant leur journal. On se croirait dans un film. J’adore ça.

Blogue voyage Inde. Travel blog India
Le resto est dans une ancienne banque chinoise© Food and the fabulous  

Par contre, le garçon qui prend ma commande ne parle pas anglais et le menu est en hindi donc je vais vers le présentoir et lui montre les brownies, qui sont plutôt petits, et lui fait signe que j’en veux 2, avec un chaï bien entendu. Total de la facture, tip inclus : 40 rps (0,70$ CA). Wow! Emmenez-en d’autres des prix comme ça! Je prends le temps de manger en lisant mon livre et j’observe la vie dans la rue. C’est différent ici, loin des klaxons, loin de la foule, on dirait que la rue est figée dans le temps, comparée à la folie autour de la Porte de l’Inde.

Blogue voyage Inde. Travel blog India
La Porte de l’Inde © Marie-Michelle La Rue

Le reste de la journée, et de mon séjour à Mumbaï à vrai dire, est assez tranquille. La chaleur est suffocante et il fait tellement humide que c’est vraiment inconfortable. Mon insécurité me force à rester près de la rue principale, ce que je regrette amèrement aujourd’hui, de peur de me perdre. Je passe donc une partie de l’avant-midi à marcher dans les rues près du musée et je m’arrête dans une librairie pour profiter de l’air climatisée et me reposer du mois qui viens de passer. Je vais ensuite dîner dans un café de style Starbuck, le Coffee Day, où j’écris mon journal en sirotant une délicieuse limonade. Ici, c’est un autre univers: beaucoup d’étudiants bien nantis, habillés à l’américaine et qui parlent fort, en anglais. Pas de sari, pas d’hindi. Alors que devant la porte, les vendeurs de ballons et de babioles se promènent. Mumbaï, c’est un monde de contrastes. En sortant, je me fais accoster par un jeune homme qui m’offre de jouer les figurantes dans un film de Bollywood. C’est tellement courant, ce genre d’offre, qu’on en parle même dans les guides touristiques. Il suffit de se promener dans le quartier, près de la Porte de l’Inde, pour qu’on vous accoste. J’ai refusé par manque de temps, mais surtout par manque de courage parce que j’étais seule. Avec Véro, on l’aurait sûrement fait.

J’avais prévu, suite aux conseils de quelques personnes, aller visiter le slum de Darhavi, le plus grand en Inde. Mais après un mois à voir la pauvreté partout autour de nous, à se faire quêter par les enfants et les mères qui portent leurs jeunes bébés, par les moins chanceux de ce pays qui sont presque inexistants aux yeux des gens, je n’ai pas vraiment envie d’aller là et de jouer les voyeurs. Il y a plusieurs vidéos disponibles sur youtube à propos des slums mais j’ai choisi celui-ci parce qu’il le montre d’une façon qu’on voit très, très rarement. Au-delà de la pauvreté, le slum de Darhavi est une véritable fourmilière entrepreneuriale et un des lieux où on recycle le plus au monde. Ils réutilisent pratiquement tout ce qui peut l’être mais du travail, beaucoup de travail, reste à faire pour nettoyer leur environnement. En même temps, les slums sont bâtis sur des dépotoirs donc on peut comprendre qu’il soit difficile pour eux de voir la nécessité de prendre soin de l’environnement, non?

 

 

*Le dhoti est un pantalon traditionnel qui consiste en une pièce rectangulaire drapée autour de la taille puis passée entre les jambes et ramené dans la ceinture.

Rabais de 25$ sur votre réservation avec Booking

Rabais de 45$ sur votre réservation Airbnb

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s